Le changement climatique vu à vol d’oiseau

Publié le mardi 19 janvier 2016

Le changement climatique réchauffe notre environnement, et de nouvelles recherches montrent que certaines des espèces nord-américaines les plus chéries ne peuvent faire face à la chaleur.

Avec la hausse des températures moyenne dans une région donnée, certaines espèces se déplacent vers des lieux plus frais. Ces déplacements s’expliquent par le fait que toute espèce ne peut survivre qu’à l’intérieur d’une plage donnée de températures. Si une espèce incapable de se relocaliser suffisamment vite, ou si les régimes météorologiques deviennent erratiques, alors l’espèce court un risque réel de disparaître dans les secteurs touchés. Dans une récente étude publiée dans Ecology and Evolution, des chercheurs de l’Université d’Ottawa montrent que certains oiseaux chanteurs de l’Amérique du Nord sont en voie de disparaître des zones qui se sont réchauffées.

Et pourtant, la hausse de température résultant du réchauffement planétaire d’origine anthropique avait rarement été liée à la disparition locale d’espèces. En fait, de nombreuses espèces demeuraient présentes dans les parties les plus méridionales de leur aire de répartition, tout en repoussant vers le nord l’extrême limite de leur territoire vital.

De nouvelles données révèlent cependant que les réchauffements observés dans le sud des États-Unis ont amorcé la disparition de certaines populations aviaires, dont l’aire de répartition ne remonte pas aussi vite vers le nord qu’elle s’amenuise dans le sud. Les oiseaux chanteurs, comme la paruline des prés ou la grive des bois au chant éthéré, sont pris dans un mouvement de tenailles climatique.

La directrice de cette recherche, Laura Coristine, doctorante et chercheure à l’Université d’Ottawa, explique ainsi la situation : « Nous pensions que les espèces pourraient tolérer des températures plus élevées que celles dans lesquelles elles vivent durant la saison de reproduction. Nous tentions de comprendre pourquoi, selon des recherches précédentes, les espèces ne se déplaçaient pas à l’extrémité méridionale de leur territoire ». Les résultats obtenus ont surpris les chercheurs. Selon Jeremy Kerr, coauteur de la recherche et professeur de biologie à l’Université d’Ottawa, « Ces résultats prouvent pour la première fois que la hausse des températures fait disparaître les populations d’oiseaux à une échelle continentale. Mais on ne peut détecter ces pertes sans examiner les tendances pluridécennales dégagées par les données de terrain à long terme ».

Les Nord-Américains sont des passionnés d’oiseaux. Dans l’ensemble du Canada et des États-Unis, environ une personne sur cinq s’adonne à l’observation d’oiseaux et y consacre énormément de temps. Ce loisir aux considérables retombées économiques représente une des activités de nature qui connaît l’essor le plus rapide, même si plus de 40 % des espèces aviaires du Canada sont en déclin. Quinze pour cent des espèces canadiennes d’oiseaux sont actuellement inscrites au registre public des espèces en péril.

Les chercheurs tentent de trouver des façons de protéger les espèces contre les effets du changement climatique, et il y a matière à espérer. Certaines zones présentent des climats protégés qui pourraient mettre les espèces à l’abri de l’augmentation de température et de la hausse de fréquence et d’intensité des extrêmes météorologiques. L’équipe de recherche est d’avis qu’une prise en compte de leurs travaux scientifiques dans la formulation des politiques sur le changement climatique pourrait avoir des résultats positifs.

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