Entrevue avec Steve Perry

Steve Perry

Steve Perry terminait son mandat de doyen de la Faculté des sciences le 30 juin dernier. Pendant les six années qu'il a occupé le poste, il fut reconnu pour son écoute attentive, sa compassion et sa collection de souliers stylés mais également pour son remarquable sens de l'humour. Donc, lorsque nous nous sommes assis pour lui poser quelques questions sur son mandat et sur ce qui allait suivre, nous ne nous attendions à rien de moins. Voici ce qu'il avait à dire.

Qu’est-ce qui vous a motivé à devenir doyen de la Faculté des sciences?

En vérité, être doyen ne figurait pas parmi ma liste de choses à faire absolument dans ma vie. J’avais juste l’intention d’occuper ce poste pendant un an de façon intérimaire. Ce n’est que beaucoup trop tard que j’ai réalisé que la nomination d’un doyen par intérim n’est qu’un habile stratagème pour attirer des novices peu méfiants avant de fixer l’hameçon pour de bon. Non, sérieusement, après avoir travaillé auprès du doyen précédent, André Lalonde, et ensuite en tant que doyen par intérim, j’ai compris que la Faculté des sciences offrait un grand potentiel de croissance et qu’un doyen peut jouer un rôle positif durant les périodes d’essor de l’université.

Quel a été le moment ou l’événement le plus mémorable de votre mandat?

Hum, il y en a pas mal. Mais pour moi, deux événements en particulier se démarquent. D’abord, la fois où, dans l’auditorium Marion, un étudiant de première année a failli m’assommer en écrasant une tarte à la crème sur ma figure, sous les acclamations de 400 étudiants. Dans un registre plus agréable, également au pavillon Marion, j’ai eu le plaisir de présenter Bill Nye à une classe de première année en biologie, alors que personne ne s’était douté de rien. Ses commentaires sur les adeptes du mouvement selon lequel la Terre est plate étaient impayables.

Quel a été votre plus grand défi en tant que doyen?

Am, stram, gram… En réalité, la réponse à cette question est évidente. La tâche la plus éprouvante a consisté à subvenir aux besoins d’un nombre incalculable d’employés, d’étudiants et de chercheurs au moment où le pavillon McDonald et le Cube étaient sur le point d’être démolis. J’avoue avoir connu quelques moments de panique, car j’ai eu affaire avec certains collègues du pavillon McDonald qui se sont vus obligés d’évacuer les lieux au moment où l’édifice était inondé, alors qu’on jetait le mobilier par la fenêtre – qu’est-ce qui pouvait aller mal? Je crois que nous aurions tous ri si nous avions vu de telles mésaventures dans un épisode de Monty Python.

Steve Perry signant la dernière poutre du Complexe STEM

Apprendre le français doit avoir représenté un défi. Quels sont vos plus importants souvenirs de vos cours de français?

En fait, comme j’ai grandi à Montréal, j’étais déjà couramment bilingue – du moins dans le dialecte des joueurs de hockey! –, ce qui était important en tant que partisan des Canadiens de Montréal, car les meilleurs commentateurs de hockey travaillaient dans les stations francophones. Mais j’ai vraiment aimé les leçons de français avec René-Étienne – nous avons résolu les problèmes les plus importants du monde pendant que je perfectionnais mon français! Un moment décisif a été lorsque j’ai adopté la philosophie de René pour parler en français : « Quand tu n’es pas sûr, pars à l’aventure! »

Quel a été votre meilleure réussite en tant que doyen? De quoi êtes-vous le plus fier?

Je préfère laisser à d’autres le soin de répondre à cette question. Mais je peux dire, bien que je ne sois pas certain que ça puisse être considéré comme une grande réussite, que je suis particulièrement fier d’avoir « rapatrié » la biochimie à la Faculté des sciences.

Le nouvel édifice STEM ouvrira ses portes au cours des prochaines semaines. Qu’est-ce qu’il apportera à la communauté de la Faculté des sciences?

Steve Perry holding a diet coke

Un énorme prêt immobilier? Je blague. D’abord, j’espère que le STEM deviendra le foyer de fait de la Faculté des sciences, un endroit auquel les étudiants en sciences, en particulier, peuvent s’identifier et où ils peuvent se rassembler pour étudier, socialiser, peu importe! Je vois aussi le STEM comme une occasion de créer quelque chose d’exceptionnel à l’Université d’Ottawa dans un environnement qui encouragera d’heureuses découvertes et la prise de risques à la fois en recherche et en enseignement. Le moment est venu d’oser!

Que souhaitez-vous pour l’avenir de la Faculté des sciences?

Avant tout, j’espère qu’à l’avenir, chaque édifice de la Faculté des sciences sera doté d’une machine distributrice de Coke diète!

Et pour demain? Quels sont vos projets?

Après avoir réappris le nom de mes étudiants et mes postdocs, m’appliquer à terminer de rédiger une longue pile de manuscrits qui s’est accumulée sur mon bureau durant les sept dernières années – ou en commencer de nouveaux. En gros, je vais retourner à quelque chose que je sais réellement faire (du moins, que je savais faire) : de la recherche!

Un commentaire ou un conseil pour votre successeur?

Eh bien, voici mon conseil sans ambages : quand vous avez du mal à expliquer un défaut de la Faculté des sciences (scénario improbable, convenons-en), jetez tout le blâme sur le doyen qui vous a précédé!

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