Établir de nouvelles racines : quelques conseils pour s’adapter à l’université et à une autre ville

Nous avons tous entendu avant de commencer l’université que la vie universitaire est un grand changement. Plusieurs choses peuvent changer : votre groupe social, vos notes, vos intérêts, votre environnement, votre indépendance et bien d’autres aspects de votre vie. Chacun et chacune a sa propre expérience, mais il y a une chose qui est la même pour nous tous et qu’on ne peut exprimer avec des mots : à quel point ce changement peut être difficile. C’est quelque chose qu’il faut vivre et qui fait grandir, mais qui peut être assez intimidant. Au début, on peut avoir l’impression de traverser une pièce inconnue avec les yeux bandés. Cependant, une fois qu’on s’est adapté, on peut enlever le bandeau et voir que dans cette pièce se trouve un monde de possibilités. J’ai appris à saisir ces possibilités, mais à mon arrivée, j’avais l’impression d’être la personne aux yeux bandés dans un endroit inconnu.

Lorsque j’ai déménagé ici, cet endroit inconnu n’était pas seulement l’université : c’était la ville d’Ottawa dans son ensemble. Je viens d’un tout petit village appelé Caistor. Si vous clignez des yeux en le traversant, vous allez probablement manquer la moitié des sites à voir (ce qui n’est pas beaucoup plus que des fermes et des champs). À Caistor, tout le monde connaît tout le monde; les gens savent qui vous êtes, d’où vous venez, où vous travaillez et ce que vous faites dans vos temps libres. La diversité culturelle est minimale, et Tim Hortons est à peu près le seul commerce que vous verrez pendant les 10 minutes de route à faire pour vous rendre à la ville voisine. Oui, c’est vrai, je n’avais jamais essayé le Chipotle avant de m’installer à Ottawa. C’était un sentiment très étrange d’aller quelque part où l’on ne me reconnaissait pas, ou à l’inverse, d’être quelque part où je ne connaissais personne. Le son des sirènes et la lumière qui traversait mes rideaux m’ont tenue éveillée pendant plusieurs des premières nuits que j’ai passées dans mon nouvel appartement. En fait, l’idée même de vivre dans un immeuble d’habitation était un concept tout à fait nouveau. Était-ce un peu angoissant? Oui. Légèrement troublant? Oui. Mais était-ce aussi excitant, stimulant et palpitant? Oui, bien sûr. Je suis une personne très extravertie, et j’ai rapidement constaté les avantages d’étudier dans une autre ville. Pour d’autres, cette prise de conscience peut être beaucoup plus difficile. J’espère donc utiliser mon expérience pour vous donner des conseils sur la façon de vous adapter et de surmonter les obstacles qui accompagnent la vie universitaire, afin que vous puissiez profiter des occasions qui se présentent au lieu de les craindre.

Conseils

1. Faites un exercice d’introspection et réfléchissez

En tant que bénéficiaire de la Bourse de recherche de premier cycle, j’ai déménagé à Ottawa juste après la fin de ma 12e année pour faire de la recherche. Environ un mois après avoir quitté la maison, j’ai soudainement réalisé que je ne vivrais probablement plus jamais à Caistor. Cela a fait naître en moi des sentiments accablants qui auraient pu être évités si j’avais fait un exercice d’introspection et réfléchi dès mon arrivée dans ce nouvel endroit. Réalisez où vous êtes et pourquoi vous êtes là, et donnez-vous le droit de faire ce pas en avant. Rappelez-vous tous les avantages de recevoir une bonne éducation à l’Université d’Ottawa et de vivre en ville (à ce sujet, je vous invite à lire la suite).

2. Réalisez que la maison n’est jamais trop loin

S’il est important d’accepter la transition et de se permettre d’avancer, il est tout aussi important de reconnaître que, où que l’on se trouve, on peut toujours appeler à la maison. Être à l’université ne signifie pas qu’on est trop vieux pour appeler nos parents lorsqu’on se sent stressé ou dépassé. Si vos amis vous apportent du réconfort, je vous assure qu’ils seront heureux d’avoir de vos nouvelles. Bref, il est important de rester en contact avec ceux qui comptent beaucoup pour vous.

D’ailleurs, les trimestres passent à la vitesse de l’éclair. À votre premier cours, vous n’imaginez pas à quel point la semaine de lecture arrivera vite. Si vous habitez assez près de chez vous, vous aurez de nombreuses occasions d’y retourner tout au long de l’année. Si vous habitez plus loin, les vacances d’été arrivent en un clin d’œil et durent quatre longs mois. Il ne faut donc jamais se sentir coincé à l’école. Si vous n’êtes pas à la maison, consultez votre calendrier : vous verrez que vous reviendrez bien plus vite que prévu.

3. Donnez-vous du temps

N’oubliez pas que ce changement est une étape importante de votre vie, et qu’il faut prendre le temps de s’habituer à tout changement important. Moi, ce n’est qu’à la fin de mon deuxième été en ville que j’ai pleinement accepté ma nouvelle vie. N’abandonnez pas, restez positif, et rappelez-vous ce qui vous a amené ici et pourquoi cela en vaudra la peine au bout du compte.

4. Donnez une chance aux gens

L’une des choses qui vous aideront beaucoup à réussir à l’université est d’avoir de bons amis : des amis avec qui vous pouvez étudier, avec qui vous pouvez parler quand vous êtes stressé ou avec qui vous pouvez oublier un peu l’école. Parfois, tous ces amis font partie du même groupe, et parfois non. Par exemple, j’ai un groupe d’amis avec lequel j’étudie et un autre avec lequel je passe du temps quand je veux regarder un film ou sortir souper. S’il est important de trouver des personnes avez qui vous vous entendez, il est tout aussi important de donner une chance aux gens et de réaliser que les amis que vous avez ici peuvent être très différents de vos amis du secondaire. C’est particulièrement vrai pour nous, car l’Université d’Ottawa est pleine d’étudiants internationaux venus du monde entier. Soyez amical, sortez de votre coquille et allez faire des rencontres.

5. Élargissez vos horizons

Tout comme il est important de nouer des amitiés, vous pouvez également découvrir votre ville, apprendre ce qu’elle a à offrir et essayer de nouvelles choses. Je n’ai découvert que cet été qu’Ottawa est bien plus grande que le marché By et le campus. Les nombreux endroits où aller et les activités à faire pourraient être la solution au stress ou à l’incertitude que vous éprouvez peut-être encore à l’égard de l’université ou de votre éloignement. Par exemple, l’été dernier, je suis allée au lac Dow et j’y ai fait du kayak. Le fait d’être en plein air et loin de l’agitation du centre-ville m’a rappelé Caistor, et ce souvenir m’a apporté beaucoup de bonheur.

6. Faites au moins une chose qui vous effraie

Vous pourriez avoir peur de quitter le campus et d’explorer la ville, de rejoindre un club à l’école ou de vous faire des amis. Mais surmonter cette peur pourrait vous permettre de trouver un nouvel intérêt ou un nouveau passe-temps, vous amener à faire des rencontres et améliorer considérablement votre expérience universitaire dans son ensemble.

Les avantages d’étudier à Ottawa

1. Des possibilités étonnantes

La combinaison de l’Université d'Ottawa et de la ville elle-même ouvre les portes à toutes mes suggestions ci-dessus : faire des rencontres, essayer de nouvelles choses et poursuivre d’autres passions. Vous pourriez postuler à un emploi, découvrir de nouvelles saveurs et vous ouvrir à la diversité culturelle. En tant qu’étudiante ou étudiant en sciences, vous pouvez adhérer à des clubs, vous impliquer dans la recherche et vous renseigner sur toute une série de sujets fascinants. Rien n’est hors de portée ici, alors voyez grand! Après tout, en saisissant ces occasions, vous pourrez apprendre bien plus que ce qu’un professeur peut vous enseigner.

2. Une foule d’activités à faire

Le titre est assez explicite : vu les nombreuses possibilités offertes dans la ville et sur le campus, vous ne vous ennuierez jamais. N’hésitez jamais à profiter de votre école et de votre nouveau domicile.

3. Plus d’intimité

En lisant qu’une grande ville vous donne plus d’intimité, vous penserez peut-être que ce texte contient une erreur, mais je vous assure que c’est loin d’en être une. Comme je l’ai dit, l’un des plus grands changements pour moi lorsque j’ai déménagé à Ottawa a été le fait de ne connaître personne et de n’avoir personne qui me connaisse. Cependant, cela vous permet d’avoir votre propre espace, de faire ce que vous voulez et d’être qui vous aspirez à être sans que tout le monde en ville le sache immédiatement (et même, puisse vous juger). Votre réputation et votre statut social ont beaucoup moins d’importance, de sorte que vous avez un peu plus de marge de manœuvre. Considérez cela comme un nouveau départ, qui vous permet de devenir la personne que vous aviez peut-être trop peur d’être auparavant.

4. De nouvelles perspectives

Comme vous côtoierez des personnes innovantes et intelligentes qui ont une multitude d’idées et de pensées extraordinaires, vous pourrez voir les choses sous un autre angle et avoir ainsi un point de vue différent sur de nombreux sujets, ou peut-être même sur le monde dans son ensemble. Ces perspectives originales pourraient vous apprendre quelque chose que vous ne saviez pas ou vous permettre de trouver un nouveau sens, de vous fixer d’autres objectifs ou d’améliorer votre attitude.

5. Une passerelle vers la découverte de soi

Ce dernier conseil est peut-être le plus essentiel et le plus utile; c’est le point culminant de toutes mes autres observations. Si vous suivez mes conseils et élargissez vos horizons, que vous surmontez l’une de vos peurs et que vous essayez d’adopter de nouvelles perspectives, alors vous vous donnerez les moyens de découvrir qui vous êtes vraiment. Au secondaire, on a tendance à mettre les autres dans des cases; le groupe auquel vous vous intégrez est important. Les gens savent si vous êtes populaire, sportif, artistique ou intelligent, ce qui peut vous forcer à prétendre être quelqu’un que vous n’êtes pas. À l’université, vous êtes entouré d’étudiants de votre programme (et peut-être d’autres) qui partagent vos intérêts ou vous en font explorer d’autres. Ces personnes ne se soucient pas de vos origines ni de votre statut social au secondaire. L’Université d’Ottawa, comme la ville d’Ottawa, est un endroit qui vous permet vraiment de vous épanouir et qui vous encourage à être qui vous voulez être. Du moins à mon avis, c’est une expérience marquante pour laquelle je suis immensément reconnaissante.

Pour conclure, mon message s’adresse à tout le monde : que vous veniez d’un village, d’une autre grande ville ou d’Ottawa, sortez de votre zone de confort et profitez de votre environnement pour tirer le meilleur parti de votre expérience universitaire. Mais, comme mon père me l’a dit avant de me laisser dans mon nouvel appartement il y a deux ans, n’oubliez jamais vos racines.

-Taylor Lanosky, 2e année, Biotechnologie

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