Les strates de calcaire de l’île d’Anticosti révèlent les causes de la première extinction de masse

Dans son laboratoire, le professeur André Desrochers est assis devant un plateau de flacons à bouchon bleu. Avec sa main gauche, il retire un des flacons du plateau.

Professeur André Desrochers (Université d’Ottawa) avec Professeure Maya Elrick (Université du Nouveau-Mexique), Rick Bartlett (ancien étudiant à la maîtrise de Prof. Elrick, aujourd’hui à l’Université Louisiana State), et Professeur James Wheeley (Université de Birmingham, Angleterre)

Département des sciences de la Terre et de l’environnement

L’île d’Anticosti, située à l’embouchure du golfe du Saint-Laurent, renferme dans ses strates de calcaire une imposante collection de fossiles. Grâce à celle-ci, il a été possible de déterminer les causes de la première extinction massive de vie animale sur Terre. À travers l’histoire de la planète, cinq extinctions massives ont été déclenchées, notamment par des éruptions volcaniques majeures, le réchauffement planétaire, des collisions d’astéroïdes et l’acidification des océans. Cependant, les raisons derrière la première extinction massive de vie marine à la fin de l’Ordovicien, il y a environ 444 millions d’années, sont demeurées dans l’ombre jusqu’à récemment. À cette époque, des mers tropicales peu profondes abondamment peuplées de coraux, de bryozoaires, de brachiopodes et de crinoïdes recouvraient la plus grande partie de l’Amérique du Nord. Au même moment, loin de l’île d’Anticosti, de grandes calottes de glace se formaient, bouleversant les milieux sédimentaires et les communautés marines. Ces changements ont joué un rôle de taille dans l’extinction massive de la fin de l’Ordovicien. C’est dans les strates calcaires de l’île d’Anticosti qu’André Desrochers et ses collègues ont découvert la preuve géochimique que cette extinction découle d’une période soutenue de réduction d’oxygène dans les océans, phénomène connu sous le nom d’anoxie océanique. Cet événement aurait entraîné la mort de 85 % de la vie marine.

En raison d’importantes découvertes comme celle-ci, l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) songe à désigner l’île d’Anticosti comme site du patrimoine mondial.

Lire le résumé complet dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (en anglais seulement)

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